Tizi-Ouzou, 21h, à la faveur de quelques brises passagères, la ville vient à peine de s’extirper d’une journée longue et suffocante. Les gens osent enfin s’aventurer dans les artères pour pouvoir s’offrir un bol de fraîcheur. Les shorts, les claquettes et les pantacourts sont de mise pour toute âme ayant subi la torride chaleur de la journée. Mais pas toutes les âmes. Les policiers de la ville ne peuvent accéder à ce privilège. Une fois leur service du jour terminé, ils sont appelés à se (re)déployer la nuit pour sécuriser une ville qui ne vit qu’au rythme de son festival. Vers 21h 30, nous constatons que le dispositif nocturne mis en place par les services de la police depuis l’entame de cet événement culturel est déjà fonctionnel. Les policiers sont partout. Les ronds-points, les carrefours et les artères principales sont en bleu. Les étincelantes lueurs des gyrophares et les agaçants crépitements des talkies-walkies agressent les yeux et les oreilles. En s’approchant du stade Oukil-Ramdane où se tiennent, en nocturne, la totalité des spectacles, le dispositif paraît encore plus sévère, plus apparent. Des barrières de sécurité tenues par des dizaines de policiers régulent l’accès au stade. Sur les deux entrées, les spectateurs sont soumis à des fouilles (très correctes, en somme !) tandis que d’autres agents se chargent d’orienter les familles vers les emplacements qui leur sont réservés et les jeunes vers la tribune du milieu. Sur la pelouse, on distingue aisément la forte présence des hommes en bleu éparpillés sur l’étendue du stade. Au loin, nous apercevons des policiers sur les toits de la tribune, sur la terrasse de l’immeuble d’accès et sur tous les points pouvant constituer un accès potentiel pour les perturbateurs. Selon les informations en notre possession, pas moins de 150 agents de la voie publique sont mobilisés dans le cadre de ce dispositif et il ne s’agit-là que des brigades « apparentes », car, nous avons appris qu’une cinquantaine d’éléments appartenant à la police judiciaire (PJ) s’est discrètement faufilée à l’intérieur et aux abords du stade. Tous en civil, leur mission est d’intervenir là où les agents de la voie publique seraient dépassés. La parfaite discrétion qui caractérise leurs mouvements dans la foule a permis de neutraliser des troubles à la minute même où ils éclatent. Les perturbations sont ainsi cernées et gérées en un clin d’œil et souvent, même les spectateurs présents sur place ne se rendent même pas compte. Du coup, les flics de la PJ se contentent généralement d’observer, s’ils interviennent, c’est pour faire le ménage, et… instruire une procédure judiciaire contre l’agitateur et cela fonctionne ! Durant toute la durée du festival et grâce à la remarquable vigilance des hommes en bleu, aucun incident majeur n’est à signaler. Pourtant, le stade accueillait chaque soir des milliers de spectateurs, dont la majorité était des familles qui avaient pu retrouver, à cette occasion, le goût des spectacles nocturnes en plein air. Les festivaliers pouvaient donc se reposer, les Tizi-Ouzouéens aussi. Les policiers, eux, se chargeront d’une nouvelle mission…
Ahmed B.
