C’est un homme littéralement dévoré par sa passion pour la sculpture que nous avons eu l’occasion de voir à l’œuvre. S’écarter des sentiers battus pour s’en aller à la rencontre du merveilleux, du sublime, semble être le fil d’ariane de Meziane Ouali. Pour cela, il met tout son cœur à l’ouvrage, guidé par les soubresauts existentiels.
Enseignant de musique de profession, sculpteur sur bois à ses heures perdues, l’artiste, la cinquantaine bien sonnée, a réalisé en quelques années des œuvres de toute beauté dignes d’un Marini ou d’un Giacono.
L’épuration formelle d’essence archaïque et symbolique inspire notre sculpteur dans certaines de ses œuvres à l’image de ce « rouli-bouli » ou du fou « pas aussi fou que ça » mais pourtant « encamisolé ». Par une espèce d’alchimie, il a pu redonner une âme à des objets de rebut dans ce qui s’apparente à l’art pauvre. En témoigne, la sculpture intitulée « le chat et la cloche » et « l’homme gargantuesque ». Mais cela n’exclut ni le raffinement de la matière ni la subtilité de la pensée.
« Je ne fais que plaisanter », nous dira Meziane Ouali avec cette humilité propre aux gens de la campagne.
N. Maouche
