L’antenne d’Akbou de l’ANGEM accueille chaque jour des dizaines de diplômés en quête de travail dans le cadre du dispositif d’aide à l’insertion professionnelle (DAIP). Ce dernier, mis en place en vertu d’un décret datant d’avril 2008, offre la possibilité de recruter des « primodemandeurs » d’après trois types de contrats : le contrat d’insertion des diplômés (CID), le contrat d’insertion professionnelle (CIP) et le contrat de formation insertion (CFI). « Ce sont des contrats à durée déterminée qui sont à même d’être en adéquation avec le profil de formation et le niveau de qualification des diplômés », nous a expliqué un agent de l’ANGEM d’Akbou, dont le premier responsable s’est refusé de divulguer la moindre information en rapport avec la situation du marché de travail dans la région. « Il est préférable de s’adresser à la direction de Bgayet », nous a-t-il suggéré.
Quelques diplômés croisés dans les couloirs de l’ANGEM nous ont affirmé avoir accueilli cette formule avec enthousiasme en y adhérant pleinement : « Un contrat de douze mois entièrement pris en charge par l’Etat, c’est du pain béni pour les diplômés, qui doivent une fois engagés, donner la preuve de leurs compétences et de leur sérieux pour convaincre l’employeur de les permaniser », dira Mohand, un technicien supérieur en informatique qui venait de s’inscrire sur le fichier des demandeurs d’emploi. « Si j’arrive à décrocher un CID avec une mensualité de 12 000 DA, je suis tranquille pour une année. Car en plus d’être à l’abri du besoin pécunier, j’aurai largement le temps de préparer ma carrière professionnelle au cas où l’employeur ne voudrait pas prolonger mon contrat », estime pour sa part Tahar, un ingénieur en travaux publics au chômage depuis six mois. Un autre diplômé de Chellata, recruté depuis quelques mois dans le cadre du pré emploi par une unité d’agroalimentaire de la ZAC de Taharachat fait entendre un autre son de cloche : « Toute l’ardeur et l’espoir suscité au départ par mon embauche ont cédé la place l’amertume et la désillusion en me rendant compte que l’entreprise est le cercle exclusif des copains et des copines, tandis que tous les autres, fussent-ils plus compétents, sont marginalisés », s’insurge-t-il. Un constat partagé par Sofiane dans une situation similaire. « Cela fait plus de 5 mois que je travaille comme ingénieur dans une boîte privée. A voir les conditions lamentables dans lesquelles nous évoluons et rappelant l’ère si lointaine de la traite négrière, on a envie de tout, sauf de faire carrière », rapporte-t-il, désabusé.
D’autres diplômés qui ont « bénéficié » de cette nouvelle formule créée à leur intention dénoncent le fait que la relation de travail les placent dans une posture d’allégeance, voire d’asservissement au chef, avant de les déposséder de leurs droits les plus élémentaires. Pour ces diplômés, contractualisation rime plutôt avec précarisation.
N. Maouche
