Vers une rentrée sociale perturbée et agitée

C’est même devenu une fatalité pour ces derniers de tenir des actions à travers lesquelles ils lancent leur cri immense détresse. La rentrée sociale est d’ores et déjà mouvementée par la mercuriale qui s’est installée depuis un mois dans les marchés algériens. Les ménages algériens n’ont qu’à croiser les bras. Car en plus du mois de ramadan, qui a absorbé leurs minables bourses, la rentrée scolaire et l’Aïd El Fitr feront de même. Le citoyen algérien, qui a pour mission de remplir le couffin, se verra dans l’obligation dans deux semaines de remplir les cartables de ses enfants. Une mission devenue presque impossible en Algérie. La seule et unique issue pour ces ménages, c’est de s’endetter pour pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles. En effet, plusieurs actions sont prévues par les syndicats de la Fonction publique, notamment celui de la santé et de l’Education nationale. La preuve : le Syndicat national des psychologues (Snapsy) a réitéré sa détermination de réinvestir le terrain de la protestation, dès la rentrée sociale. « Nous allons renouer avec la protestation si la tutelle ne respecte pas nos propositions concernant le dossier de statut particulier », a précisé le président du Snapsy, Khaled Keddad. Ce dernier ne cesse de se poser des questions sur les raisons qui sont derrière le retard accusé dans l’élaboration du statut particulier, sachant que ce genre de procédure ne dure pas plus d’un mois après son adoption par le conseil ministériel. A signaler que la revendication majeure de cette entité syndicale, est l’élaboration du statut particulier adopté par le conseil ministériel le 16 juin dernier et leur classification à la 13. La plate-forme de revendication de cette entité syndicale s’articule autour de « l’élaboration d’un statut particulier en collaboration avec le partenaire social et l’administration, la mise en place d’un système indemnitaire en harmonie avec les conditions particulières liées à l’exercice de la profession de psychologue, la régularisation de la situation administrative du personnel contractuel, ou en activité sous contrat préemploi, la garantie du droit à la promotion dans le déroulement de la carrière du psychologue, assurer l’équipement dans les salles de visite, garantir aux psychologues le droit de représentativité au sein des conseils d’administration, et autres conseils scientifique et médical ». Quant aux adjoints de l’éducation, ils comptent observer une grève nationale de quatre jours, cyclique chaque mois, et ce à partir du premier jour de la rentrée scolaire, soit le 13 septembre prochain. Ces protestataires ont prévu une série de sit-in qui seront observés devant le ministère de l’Education nationale et la Direction générale de la Fonction publique. Des lettres ouvertes seront aussi adressées au président de la République, au Premier ministre, au ministre de tutelle et au ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale. Ces derniers réclament « une révision du statut particulier avec une classification de ce corps à la catégorie 10 au lieu de 7 actuellement, le droit à la promotion au poste de surveillant général et la réduction du volume horaire à 28 heures de travail au lieu de 36 heures actuellement ». Ce syndicat réclame également, le droit à la formation et à la promotion, l’ouverture de cycle de formation pour le recyclage des travailleurs de ce corps et la suppression de la permanence des vacances scolaires pour les adjoints de l’éducation. Pour sa part, le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest) a brandi la menace de reprendre le chemin de la protesta si ses propositions relatives à l’élaboration du régime indemnitaire ne sont pas prises en charge. Cette entité syndicale demande « une réduction du volume horaire de travail pour les femmes mariées ayant des enfants dont l’âge oscille entre un mois et trois ans, l’augmentation du point indiciaire à 100 DA au lieu de 45 DA actuellement ». Le Snapest exhorte la tutelle à calculer les primes par rapport au salaire net et non pas au salaire de base. Des assemblées générales, des conseils de wilayas et des conseil nationaux seront à cet effet au menu pour évaluer la situation et exécuter les résolutions. Les enseignants contractuels qui luttent depuis des années pour leur intégration comptent observer une grève nationale dès la rentrée scolaire. Le Conseil national des enseignants contractuels (Cnec), faut-il le rappeler, ne cesse de dénoncer les salaires impayés des enseignants de différentes wilayas, notamment depuis trois ans pour les enseignants de la wilaya de Tizi-Ouzou et deux ans pour ceux de la wilaya de Bejaia. Pour sa part, le Conseil des lycées d’Alger a menacé de boycotter le premier jour de la rentrée scolaire. Rappelons toutefois que ce syndicat réclame « une augmentation des salaires par la revalorisation du point indiciaire à 165 DA, la promulgation immédiate d’un régime indemnitaire conséquent et la révision du nouveau statut particulier pour répondre aux aspirations des enseignants, ainsi qu’une retraite après 25 ans de service ». Bien évidemment, rien ne va dans le secteur de la fonction publique ; il semble que ce secteur traverse une zone de turbulence. Devant cet état de fait, il est impératif, voire même vital que l’Etat intervienne avant que tout cela mène vers une situation plus lamentable étant donné que l’élève et le citoyen continuent de payer les frais d’un bras de fer qui oppose les autorités aux syndicats de la Fonction publique.

Lemya Ouchenir