Sidi Aïch, qui vivait les années précédentes, durant le mois de Ramadhan, une ambiance hors du commun, est aujourd’hui une ville morte dès l’appel à la rupture du jeûne.
D’aucun parmi les citoyens ont relevé le fait en affichant leurs inquiétudes de ne pas voir programmer, pour les prochains jours, quelques manifestations culturelles. Ainsi, après le f’tour, la ville se trouve plongée dans un silence profond. Ceci contraint les gens à rester chez eux et d’autres à aller s’attabler dans des cafés pour jouer au domino et jeux de cartes. Pour ceux qui font la prière à la mosquée, etarwih prend déjà une partie de la soirée. D’autres jeunes, ceux qui peuvent se le permettre, préfèrent gagner d’autres villes où il fait bon vivre durant les soirées ramadhanesques, à l’exemple du chef-lieu de la wilaya Bgayet où se tient presque chaque soirée une animation culturelle. « Je prends chaque soir après le f’tour la direction de Bgayet pour assister à l’une des soirées organisées soit au théâtre soit à la Maison de la culture. Ici à Sidi Aïch est quasiment désert. Il n’y a absolument aucune activité, rien », nous dira un jeune de la ville rencontré du côté de l’arrêt des bus. Quant à ceux qui ne le peuvent pas, ils trouvent refuge dans la consommation de kif et de psychotropes. « Où va-t-on aller comme ça ? Que font donc les animateurs de la ville ? Où sont les associations culturelles qui se manifestent quand il est question d’attribution de subventions ? » Telles sont les questions que se posent les jeunes de Sidi Aïch qui craignent de terminer le Ramadhan sur le même rythme. Un jeune homme, très déçu fera remarquer : « Au temps du parti unique une animation avait lieu chaque soir et on a vu de grands chanteurs défiler à Sidi Aïch, que ce soit au stade ou à la salle des fêtes ou encore dans tous les quartiers ». Autres temps, autres mœurs.
Samy H.
