Même si aucune commémoration officielle n’a été programmée pour le 12e anniversaire de l’assassinat du Rebelle, les milliers de fans en Kabylie et dans le monde continuent, à leur manière, de célébrer la mort de celui qui était et qui restera l’immortel Lwennas.
A travers les différentes célébrations et hommages rendus depuis sa mort, on peut constater que l’événement prend de l’ampleur chaque année. Un peu partout dans les coins les plus reculés de la wilaya de Bouira, l’émotion est la même à l’approche de cette date. Des jeunes de quartiers ou des associations ne ménagent aucun effort pour que perpétuer la mémoire du chantre de la chanson kabyle. Des festivités qui se déroulent sur plusieurs journées où des expositions de photos, des coupures de journaux et des conférences sont organisées, le tout sur les incontournables chansons de l’artiste diffusées par des enceintes de sono. Les veillées aux bougies sont également au programme, de même que le pèlerinage à Taourirt Moussa pour marquer cette journée. Un programme quasiment identique à travers toutes les localités berbérophones de la wilaya de Bouira. Depuis l’assassinat de l’idole de plusieurs générations un certain 25 juin 1998 sur la route de son village, le sentiment qui hante les populations-qui ont apprécié ses paroles et écouté scrupuleusement ses mélodies- est un signe de désespoir partagé entre les vieux et les jeunes, entre les instruits et les analphabètes, entre la plèbe et l’élite. Dans tous les coins de la Kabylie et au sein d’une jeunesse sans repères idéologiques ou culturels avérés, Matoub continue, d’outre-tombe, à participer aux convulsions de la société à la colère des révoltés, aux revendications des marginalisés. Ils ne l’ont pas oublié. Matoub Lounès est resté dans les cœurs. La preuve, à chaque anniversaire de sa mort, des visiteurs affluaient pour se recueillir sur sa tombe.
S’il n’avait pas été assassiné le 25 juin 1998, le chanteur kabyle le plus populaire aurait fêté ses 54 ans. Même si aucun programme n’a été concocté pour marquer cet événement, il n’en demeure pas moins que ses fans ne l’ont pas oublié.
Certains jeunes de Takerboust, d’Ahl Leqsar, de Saharidj n’étant pas véhiculés, ont même loué des taxis afin de se recueillir sur sa tombe dans son village natal dès demain.
Hafidh B.
