Jamais l’environnement à Bgayet n’a été si ostensiblement profané et le cadre de vie si lamentablement souillé par des déchets hétéroclites, produits directs de notre consommation quotidienne, ou générés par l’activité commerciale et industrielle.
Les collectivités locales auxquelles incombe la mission-oh ! combien ardue- de collecte d’enlèvement et d’élimination des ordures, éprouvent toutes les peines du monde pour assurer un environnement sain pour leurs administrés.
C’est à peine si elles arrivent à “balayer” devant leurs portes et soustraire à la vue, les monticules d’immondices produits journellement. Les décharges publiques intercommunales dites “contrôlées” sont vite arrivées à saturation et empiètent sur les terres à vocation agricole et les cours d’eau.
Les décharges sauvages peuvent alors se multiplier à l’infini, donnant à de nombreuses agglomérations, l’allure de poubelles géantes.
L’enfouissement technique, dernière trouvaille préconisée comme palliatif, en est encore à ses balbutiements. Dans les rares communes où cette option a été retenue, sa concrétisation a buté sur l’opposition farouche des riverains contestant le site choisi pour l’implantation de la décharge. Le seul projet qui semble sur le point d’aboutir est celui relatif au CET de la ville de Bgayet, confié il y a trois mois, à une entreprise privée pour une enveloppe budgétaire de 12,8 milliards de centimes.
Pour l’heure, l’incinération est le seul procédé de rigueur partout utilisé pour l’élimination partielle des déchets. L’affreux spectacle offert par les décharges fumantes de Boulimat, Akbou et Sidi Aïch, illustre de manière désarmante, le long chemin qui reste à parcourir pour venir à bout de ce problème. De larges zones constamment enveloppées dans des volutés de fumée se répandant au gré du vent. Par delà cette pollution visuelle et son caractère incommodant, une telle élimination génère des polluants chimiques, autrement plus nocifs pour l’environnement et la santé publique. Outre qu’ils contribuent à l’effet de serre, certains polluants volatiles issus de la dégradation par combustion des hydrocarbures (matière plastique), sont hautement toxiques et peuvent, de ce fait, être à l’origine de l’émergence de graves pathologies. Même les émanations fétides (odeur d’œufs pourris) de sulfure d’hydrogène produit par la putréfaction des déchets, sont susceptibles de nuire gravement à la santé des riverains proches du site de la décharge.
Partout l’emballage de bière
L’emballage de bière constitue incontestablement la nouvelle forme de pollution la plus spectaculaire et dont on ne sait que faire. Au bord des routes, caniveaux, prairies, ravins, forêts ; des canettes, des bris de verre, des tessons et des bouteilles entières “écument” tous les espaces. L’avènement de ces canettes “jetables” a généré de nouvelles mœurs qui dénotent l’incivisme et l’ignorance des atteintes à l’environnement et au cadre de vie. Le péché véniel de certains férus de bière et d’alcool, sans doute, grisés par l’effet de l’alcool, est d’abandonner avec une légèreté déconcertante les bouteilles vides sur le lieu-même de leurs défoulements orgiaques. La dérive comportementale nous vient toutefois de ces chauffards et buveurs invétérés qui, après avoir avalé le breuvage au volant de leur véhicule, balancent le contenant par dessus bord. Belle leçon de civisme confinant à la tragi-comédie ! Et la responsabilité des pouvoirs publics dans tout ça ? Pourquoi a-t-on autorisé la mise sur le marché d’un emballage non recyclable et qui, par conséquent, finira immanquablement à polluer le milieu récepteur ? Qui peut prétendre ignorer que notre pays est à mille lieues du tri sélectif et du recyclage des déchets, notamment du verre ? Le fait est que la problématique environnementale est regardée par le petit bout de la lorgnette. Et on ne finira sans nul doute pas de payer les retombées négatives induites par tant d’inconséquence et d’incurie.
N. Maouche
