Fête de l’Aïd / Elle devient de plus en plus une corvée

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Jusqu’à hier, le prix du mouton oscillait entre deux et quatre millions de centimes mais il risque de baisser d’un tiers de sa valeur demain : c’est du moins l’avis des connaisseurs.

Demain sera le dernier jour pour procéder à l’achat du mouton de l’Aïd pour ceux qui ne l’ont pas encore fait. Il y aura probablement des maquignons qui voudront profiter de l’occasion pour augmenter les prix des moutons mais ils seront aussi soumis en fin de journée, à une pression due à la crainte de ne pas liquider leur cheptel, ce qui fera l’affaire des retardataires. Jusqu’à hier, le prix du mouton oscillait entre deux et quatre millions de centimes mais il risque de baisser d’un tiers de sa valeur demain : c’est du moins l’avis des connaisseurs.

En faisant une virée à travers les marchés à bestiaux de la région ce week-end, nous avons remarqué qu’il n’y avait pas d’engouement chez les potentiels acheteurs, d’autant plus, que les prix étaient sensiblement élevés par rapport à ceux du week-end précédent.

Malgré la tendance ces derniers temps à limiter les dépenses en optant pour l’achat de la viande plutôt que d’un mouton, il y a beaucoup qui tiennent à ce rite religieux pensant probablement que ce serait un sacrilège de ne pas procéder au sacrifice d’Abraham. “J’aurais aimé acheter un gigot et quelques tranches de foie plutôt qu’un mouton qui me coûtera les yeux de la tête, mais ma mère refuse cette proposition. Je dois respecter sa décision malgré ma situation financière», dira Hocine, un fonctionnaire de l’administration communale.

Il est vrai que ce n’est pas facile de convaincre les vieux mais les temps actuels et la situation financière de la majeure partie des citoyens poussent à rallier l’avis de Hocine d’autant plus que la religion musulmane n’oblige personne à faire ce qui est en dessus de ses moyens.

Le budget dégagé pour l’achat du mouton n’est pas la seule dépense occasionnée lors de cette fêle religieuse ni d’ailleurs la seule préoccupation pour ne pas dire une corvée pour des pères de famille.

En effet, outre l’achat des fruits et légumes ainsi que les ingrédients indispensables à la confection de gâteaux spécialement pour l’Aïd ceci pour le côté financier de la chose, il faut aussi prendre ses devants en aiguisant les haches et couteaux tout en prenant rendez-vous avec l’égorgeur professionnel qui doit s’acquitter de la tâche moyennant une contrepartie financière.

D’ailleurs, ces rois d’un jour se font attendre en cette matinée de l’Aïd et commencent par les clients les plus nantis qui viennent les prendre de chez eux en voiture. La longue attente commence pour les autres qui se retrouvent parfois aux alentours de midi avec un mouton sur les bras non encore égorgé.

En fin de compte, c’est vraiment une corvée le fait de perpétuer le sacrifice d’Abraham.

L’année dernière, nous avions rapporté sur ces mêmes colonnes les déboires d’un père de famille qui avait attendu en vain, l’arrivée de l’égorgeur et qui l’avait laissé poireauter jusqu’à midi moins quart avant que ce citoyen ne décide d’accomplir le sacrifice avec l’aide de ses voisins.

Pour les habitants des chefs-lieux de la commune, le problème ne se pose pas, du moment que ces dernières ouvrent les abattoirs pour ce faire mais hélas, ce n’est pas tout le monde qui est citadin.

De par les dépenses qu’elles occasionnent et les déboires subis par les citoyens, les fêtes commencent à devenir, de plus en plus, des corvées.

A. Gana

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