Kidnappings : Halte à la récup !

Les cas de Boghni, de Frèha, d’Iflissen&hellip,; démontrent bien la hauteur de la mobilisation sans tutorat politique, comme aussi, il y’a lieu de signaler que cela fait des années que la région faisait face à ces rapts, et qu’aucun communiqué politique n’a émané des partis se prévalant être les dépositaires de la démocratie et chantre des droits de l’Homme.

La guerre des tranchées semble s’emballer en Kabylie, entre les partis politiques, depuis l’assassinat de l’entrepreneur d’Aghribs et le kidnapping de son cousin, libéré suite à la pression et à la mobilisation populaire.

Il faut dire que la région signe son 61e rapt depuis seulement quelques années. Les premiers actes de rapt remontent à 2007, lorsque les terroristes ont choisi la méthode des enlèvements qui sont généralement suivis de demandes de fortes rançons, qui avoisinent les dizaines de milliards contre la libération des otages.

Si certaines rançons sont versées, somme toute compréhensible pour sauver des vies, il n’en demeure pas moins que ces sommes colossales sont réinjectées dans les réseaux dormants pour les besoins de restructurations et de recrutements, et au cas où les terroristes se rendent armes et bagages avec une cagnotte qui leur permettra une conséquente réinsertion sociale, jusqu’à devenir des patrons d’entreprises avec l’argent des rançons. Le vide juridique entourant cette pratique de payement de rançons absout de toutes poursuites l’otage qui monnaye sa libération pour échapper à la mort ; les démocraties les plus structurées dans le monde, touchées ces derniers temps, par le phénomène, arrivent à négocier la libération des otages en terme de centaines de millions d’euro avec El Qaïda, et le débat sur la question vient juste de s’ouvrir puisqu’aucune loi, ni texte juridique ne peut interdire cela, s’agissant de payer pour échapper aux mains criminelles.

La population de la région qui s’est mobilisée face à cette escalade d’enlèvements, a, à maintes reprises, réussi le défi de la libération sans conditions ni chantage.

Les cas de Boghni, de Frèha, d’Iflissen&hellip,; démontrent bien la hauteur de la mobilisation sans tutorat politique, comme aussi, il y’a lieu de signaler que cela fait des années que la région faisait face à ces rapts, et qu’aucun communiqué politique n’a émané des partis se prévalant être les dépositaires de la démocratie et chantre des droits de l’Homme.

Au-delà du fait que la région connaît une inquiétante situation sécuritaire, circonscrite géographiquement, et ciblant des fonctions bien particulières, loin s’en faut, de considérer la région dans une situation de chaos et de fatalité ; le maillage sécuritaire opéré par les forces de sécurité tout corps confondus, ont poussé jusqu’aux derniers retranchements les poches terroristes restantes, écumant dans des zones enclavées et terrains escarpés ; de plus, la Kabylie ne peut se singulariser sur ce phénomène, car des régions entières du pays connaissent des affaires similaires mais moins médiatisées par la presse et les médias étrangers comme ce fut le cas pour l’affaire d’Aghribs.

C’est dans toute cette ambiance qu’est lancée une polémique sur les rapts et la situation sécuritaire de la région, dont les lectures faites par les uns et les autres, obéissent à des calculs d’épiciers avec des analyses purement politiciennes.

Sinon comment justifier le silence radio de nos politiques des mois et des années durant autour du phénomène, si ce n’est la recherche de fonds de commerce à même de pouvoir resurgir et rebondir pour mieux vendre un produit, sachant que des échéances approchent.

La région a connu un début de désertion des entrepreneurs vers les années 2001, et les rapts se sont produits des années après, cela dit, des ressorts existent dans la région afin de lui assurer une envolée de développement, la donne sécuritaire ne peut constituer un handicap, des projets lancés ont connu réception dans les délais et la région n’est plus dans les conditions des années antérieures car des mutations sont opérées et des comportements se sont faits, reste à les déceler et asseoir la démarche qui ferait échec à tous ceux qui se nourrissent de ces situations de chaos.

Les pouvoirs publics qui s’attellent à mener une bataille contre toute l’anarchie qui caractérise la ville, en comptant sur l’implication de tous les acteurs, peut constituer une amorce à des solutions partielles, dans un premier temps, en attendant des solutions générales, qui viendront pousser la région vers plus de développement et de réalisations socio économiques, à même de faire reculer les forces du mal, qu’elles soient terroristes ou autres.

Les actes d’insécurité dans la région sont présentés avec alarmisme et démesure, ils ne sont que des cas isolés, loin de ressembler au terrorisme des années de plomb, cependant ils ne peuvent être mis en ligne de compte pour simuler la fatalité de la région ; loin d’être dans l’isolement et de panne de développement des années 2000, Tizi Ouzou change et veut s’inscrire dans l’effort national de relance et de développement.

Khaled Zahem