l La sécheresse qui sévit depuis la fin du printemps dans toute la région passe presque inaperçue, mis à part les propriétaires des vergers de figuiers en zones rurales non irriguées qui voient la production compromise, en l’absence d’averses saisonnières habituelles indispensables pour permettre aux fruits (figues fraîches) de parvenir à une maturité complète. Jadis, nos ancêtres ne commencent à cueillir et consommer ce fruit qu’une fois bien arrosé et aspergé par les fréquentes averses cycliques qui se chargent d’abord de compléter sa maturité enfin, apportant une dose suffisante d’eau et plus important encore, la pluie procède au toilettage du figuier et ses fruits chargés de poussière et d’autres impuretés abondantes en saison sèche qui s’accrochent aux fruits enrobés dans une matière sucrée et collante qui attire toutes sortes d’insectes d’où la première précaution à prendre avant d’avaler une figue fraîche, c’est de la laver soigneusement. L’idéal, c’est de la débarrasser carrément de la peau qui décolle facilement. « L’on peut dire sans hésitation au vu de tous les facteurs polluants qui traînent dans la nature qu’une figue fraîche est impropre à la consommation, elle peut provoquer une intoxication plus ou moins grave, en particulier chez les enfants et cette sécheresse persistante ne fait qu’aggraver le danger », témoigne un médecin de la région sur le sujet. « Le cheptel aussi n’est pas à l’abri d’une de ces épidémies qui apparaissent avec une absence prolongée de pluies, des cas de gales ont été déjà décelés chez les ovins en plus des cas de déshydratation signalés çà et là, ainsi que des maladies dues aux grandes chaleurs qui sévissent toujours dans la région, diarrhées provoquées par des parcours de pâturages infectés et non encore nettoyés par les pluies », nous explique un éleveur de cheptel de localité de Aggache qui enchaîne par : « Même les sources où se désaltère le cheptel sont contaminées par des sangliers qui se vautrent à l’intérieur de ces abreuvoirs naturels sous forme de mare pour se débarrasser des parasites accrochés à leurs flancs. L’eau de ces mares en absence de pluies devient stagnante et chargée de maladies MTH. Ainsi, la chaîne de transmission de ce genre d’infections finira par atteindre le consommateur par l’intermédiaire de la viande sur pied ». Les services vétérinaires sont concernés plus que tout autre organisme de santé par cette sécheresse qui continuerait à passer inaperçue jusqu’à la période des labours en fin d’automne.
Omar Soualah
