Bouira : Les spéculateurs à l'origine de la hausse

La pénurie de la semoule qui touche depuis quelques temps déjà plusieurs wilayas du centre du pays se fait sentir chez les ménages bouiris.

En effet, depuis près de deux semaines, ce produit de première nécessité commence à se faire rare, et souvent pas en quantités suffisantes au niveau des superettes et autres épiceries de la wilaya.

A M’chedallah par exemple, certains magasins ne disposent plus de ce produit depuis déjà quelques semaines, tandis que chez d’autres commerçants d’alimentation générale, on ne sert que les habituels clients, et à raison d’un sac de 25 kg par personne. Cette situation de pénurie entraîne comme à l’accoutumée une folle frénésie chez les consommateurs qui se ruent sur les dépôts de vente. Affolés, beaucoup ont tendance à reproduire un vieux réflexe qui consiste à stocker en vue de se mettre à l’abri, si une crise venait à perdurer. Ces derniers jours, et en raison des rumeurs faisant état de crise de la semoule, bon nombre de pères de famille sont allés se la procurer dans une wilaya voisine. Là encore, ce n’est pas un pari gagné. Car même si le produit est disponible, celui-ci est servi au compte- gouttes. Hacene, père d’une famille nombreuse, a bien voulu nous raconter ses déboires pour se procurer un sac de semoule. Après un tour dans plusieurs magasins, c’est à Akbou, à 50 km de son lieu de résidence, qu’il a réussi enfin à être livré.

Il a dû user de subterfuges pour en avoir plusieurs sacs. Ceci dit, dans certaines localités de Bouira comme El Esnam, ou encore Ahnif, le problème de la pénurie ne se pose pas avec autant d’acuité. Le produit est certes disponible, mais son prix a connu une hausse sensible. Désormais, le sac de 25 kg de semoule est cédé à 1100 DA parfois à 1200 DA. Soit une hausse avoisinant 100 à 200 DA. Il faut dire qu’en pareilles circonstances, la pénurie laisse souvent place à une folle spéculation sur le prix. Pis encore, chez le consommateur, la forte demande ne fait qu’accentuer la crise. En revanche, auprès des minoteries de la wilaya, du moins celles de Ain Bessem et de Taghzout, qu’on a eu à visiter, les gérants écartent toute éventualité de crise.

Pour ces gérants privés, il n’y a aucun dysfonctionnement à signaler. Pour eux, l’approvisionnement en blé dur et céréales se fait normalement. “Les quotas qui nous sont attribués sont transformés et livrés le plus normalement du monde aux différents dépôts de vente’’, précisent-ils.

De leur côté les responsables du secteur du commerce ont reconnu l’existence d’une pénurie de la semoule. Celle-ci est le fait de contrebandiers. Quoi qu’il soit, on ne connaît pas encore l’ampleur de la crise, mais elle tout de même là.

D. M.