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Tizi-Ouzou : Le 6ème Salon Djurdjura du livre se poursuit

Hommage à Abdelhamid Benhadouga

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La direction de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou a rendu, hier, un vibrant hommage au leader de la littérature arabophone en Algérie, Abdelhamid Benhadouga, à la maison de la culture Mouloud Mammeri.

Un hommage qui s’inscrit dans le cadre des activités de la 6ème édition du salon Djurdjura du livre placée, cette année, sous le thème «Ouvre-moi au monde» et qui se poursuivra jusqu’à demain, 27 décembre, au niveau de la dite structure. La femme et le fils de l’écrivain étaient présents à cette cérémonie, l’un des amis de Benhadouga, en l’occurrence M. Djilali Khelas, a aminé une conférence débat sur la vie et l’œuvre du romancier. Avant cette communication, le public, venu nombreux, a pu assister à la projection de deux films documentaires, l’un sur la vie de l’écrivain dans son village El Hamra et l’autre sur son roman «Djazia Wa Darawich» dont les fait se déroulent également à El Hamra. Mme Malika Benhedouga, l’épouse de l’écrivain, a reçu une distinction ainsi qu’un portrait du romancier peint par les élèves de l’école des beaux-arts d’Azazga remis par le premier responsable du département de la culture, M. El Hadi Ould Ali. Le fils de l’écrivain, Anis Benhadouga a pour sa part pris la parole et a longuement exprimé son admiration pour son père qui est, dira son idole : «je suis très heureux de cet hommage. La relation que j’entretenais avec mon père était des plus affectueuses et des plus respectueuses. Mon père aimait la lecture et les livres. Notre bibliothèque est riche de plus de 3000 livres. Il a toute sa vie baigné dans les livres. Son père et son grand-père étaient lettrés et c’est son père qui lui a appris le Coran et fait aimer la lecture. Il l’a appelé Abdelhamid en hommage à Ben Badis». Il ajoutera : «la libération et l’émancipation de la femme, l’amour de la patrie et la promotion de la culture algérienne étaient ses sujets de prédilection… Militant de la cause démocratique et défenseur des causes justes, son évolution dans l’écriture reflète l’évolution de la société algérienne. Mon père maîtrisait plusieurs langues dont Tamazight…». Ainsi donc, le public a pu suivre la projection d’un documentaire réalisé par Djilali Khelas sur la vie et l’oeuvre de l’écrivain. Celui-ci fut suivi des témoignages d’amis écrivains et de membres de sa famille qui ont parlé de sa vie au village El Hamra. Un deuxième documentaire fut proposé à l’assistance. Il est inspiré du roman «Djazia Wa Daraouich». L’écrivain et journaliste Djilali Khelas confiera lors de sa communication : «Nous étions de grands amis. Abdelhamid était simple et modeste, un grand nationaliste qui aimait les livres et l’écriture… c’est sans conteste le leader de la littérature arabohpone en Algérie». Abdelhamid Benhedouga naquit le 09 janvier 1925 à El Mansoura, dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj. Il fit ses études dans les deux langues, arabe et française, il entamera ses études dans son village d’El Hamra et intégrera par la suite l’institut Ketani de Constantine puis l’université El Zeitouna de Tunis. De 1957 à 1974, il écrira plus de 200 pièces de théâtres radiophoniques et sketches en langue arabe, pour la radio tunisienne, la BBC et la Radio et Télévision Algérienne. En 1958, il rejoint le FLN en Tunisie où il collabore à l’émission radiophonique ‘’La voix de l’Algérie’’. Il fut un écrivain prolixe. Il a entre autres écrit ‘’AL Djazair Bayn el amsi wa lyawm’’ (L’Algérie entre hier et aujourd’hui, un recueil d’articles publié en 1958, ‘’Banae As-Soubh’’ (La mise à nu), roman de 1974, ‘’Wa Ghadan yaoum Djadid’’ roman de 1992. Il écrivit également de la poésie ‘’Al-Arwah Al Shaghira’’ (Ames vacantes) en 1967. ‘’Rih el Djanoub’’ (Le vent du sud) et l’un de ses plus beaux écrits. Il sera adapté au cinéma et traduit dans plusieurs langues dont le français, le hollandais, l’allemand et l’espagnol. ‘’Rih el Djanoub’’ est considéré par la critique comme étant le premier véritable roman algérien écrit en langue arabe. Abdelhamid Benhadouga est décédé en 1996, à Alger.

Karima Talis