Par DDK | 7 Avril 2006 | 3938 lecture(s)

“Je prépare un film sur Nasreddine Degga”

Hamid Benamra est un réalisateur qui a signé d’innombrables films de courts métrages dont le premier "Pour une vie meilleure", réalisé à Alger en 1981. Il ramène, à son retour au pays, quatre films qui sont passés récemment dont “Peau dense sur une danseuse du Moulin Rouge”.Il nous parle, à l’occasion de sa venue, des objectifs et de ses visions, dans un aperçu, sur le cinéma en Algérie. La Dépêche de Kabylie : Qu’est ce qui a motivé votre retour en Algérie après 15 années d’absence?ll Hamid Benamra : Je sens que je ne me suis jamais détaché de l’Algérie. Même si l’on s’y absente pendant un temps, l’on revient. Je suis retourné, ici, pour revoir ma famille mais encore, parce que je m’intéresse, particulièrement et professionnellement à ce pays qui est le mien car on a beaucoup de belles choses à montrer.Vous êtes, ici, pour un tournage d’un film documentaire, pouvez-vous nous en dire plus ?ll Oui, effectivement, je réalise un film documentaire sur le comédien Nasredine Degga. Il s’intitule "Little Big Deguela". J’ai tourné une partie de l’œuvre qui comprend dans sa totalité, 55 minutes, à Mniiaâ. Je veux montrer cet homme dans toute sa grandeur car il représente un chapitre de la culture algérienne. J’estime qu’on s’est servi de lui et on ne lui a pas consacré d’attention. Je ne peux pas dire plus sur le film, laissons la surprise à sa sortie, (rire).Quels sont les sujets qui vous captivent le plus ?ll Les visages. Je suis très attitré par les visages en Algérie. Je veux montrer de l’optimisme dans les regards des gens. Le choix des personnages se porte toujours sur des gens avec qui je ressens une certaine complicité.Estimez-vous que la réalisation d’un film demande beaucoup de moyens pour assurer sa qualité ?ll Absolument pas. En ce qui me concerne, j’ai trouvé des raccourcis pour mettre en œuvre un bon produit que j’estime de qualité. Quand on est cadreur et réalisateur, en même temps, on dépense moins de moyens et on assure seul le travail. On n’est plus précis et on a un choix personnel sur la mise en œuvre. L’importance c’est de garantir la perception, le choix de l’angle, de la prise de vue et le choix du cadrage. Le support ne compte pas. Un film est jugé sur son contenu et son propos, le hors-champs ne regarde personne.Que pensez-vous des téléfilms ou des séries diffusées à la Télévision algérienne ?ll Je voudrais qu’on ose traiter d’autres thématiques que le social. Parlons d’amour, le film égyptien a monopolisé l’ENTV. Nous sommes une société droguée par les feuilletons égyptiens. Il faut permettre aux jeunes créateurs algériens de s’exprimer et montrer leur savoir-faire. Je voudrais à l’occasion attirer l’attention de quelques personnes sur l’annulation de la diffusion de l’émission libanaise Star Academy. Je pense que si on veut appliquer la censure, on est obligé de la faire à la lettre. On regarde quotidiennement des clips orientaux et des émissions algériennes qui dépassent parfois la vulgarité. Je voudrais bien qu’on m’explique cela ! Alger sera la capitale de la culture arabe en 2007. Comment la voyez-vous, en tant qu’homme de culture ?ll Je préfère la voir d’abord Alger capitale propre. Avant d’entamer l’organisation des festivités, il faudrait assurer la propreté et la sécurité dans la ville. Je souhaiterais voir les commerces et les lieux culturels ouverts la nuit et les gens circulant en toute sécurité comme ailleurs.

Propos recueillis par Fazila Boulahbal

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