L’œuvre cinématographique est à 100% locale – Iyedhran yid-negh projeté à Barbacha

La maison de jeunes de Barbacha a vécu, samedi dernier, un événement particulier, la projection d’un film kabyle «Ig-tran yidh negh» (chronique de nos peines), de 58 minutes.

Le tournage, le montage et la réalisation de ce film sont l’œuvre de jeunes amateurs du 7ème art issus, tous, de ce patelin. D’ailleurs, même les comédiens et les techniciens sont de la localité. L’histoire de ce nouveau né du cinéma amazigh, raconte les peines et les souffrances d’une famille villageoise, dont le père est parti au delà de la mer pour ne plus en revenir. « C’est en quelque sorte une tranche de la vie de la société kabyle, qui a connu ce phénomène durant des années », nous dira fatma Djermoun, lycéenne et auteur du scénario de ce film, dont elle a assuré en outre, l’un des premiers rôles. Les séquences du tournage ont été réalisées à Barbacha, où l’on a découvert, pour la première fois, des figures choisis pour leur fonction quotidienne et qui n’ont pas manqué de talent à bien assumer leurs rôles jusqu’au bout. La réalisation aussi est l’œuvre d’un jeune lycéen, Hichem Ben yahia, qui, à travers cette première et avec des moyens très modestes, a offert un film pour le moins passionnant et une tentative audacieuse. Hichem et fatma qui interprètent le rôle de frère et sœur, forment un duo d’enfer. Le premier est livré à la délinquance, alors que la frangine, malgré la misère, arrive à réussir dans ses études. Notons que les moyens déployés pour la réalisation de cette œuvre étaient très modestes. Le tournage est fait avec une caméra unique HD, le montage par un logiciel simple, avec l’aide de certaines associations comme « Artis » d’Amizour et aussi des commerçants et autres habitants de la commune. À vrai dire, ces jeunes ont montré à travers ce travail cinématographique qu’à partir presque d’un rien, ils ont pu produire une œuvre qui ne peut être qu’un vrai hommage aux nombreuses mères de cette région, lesquelles avaient souffert le martyre de faire face à toutes les misères après l’exil du père.

Nadir Touati.