Le maire MPA de Maâtkas, M. Khermouche Slimane, juriste de formation, fait à travers cet entretien l’état des lieux hérité de ses prédécesseurs et parle, surtout, des énormes difficultés et entraves rencontrées dans l’exercice de ses fonctions à la tête de commune de Maâtkas, l’une des plus grandes municipalités de la wilaya, avec ses 37 000 habitants répartis sur 45 villages et hameaux.
Sachant le caractère rural de la commune et qu’elle ne fonctionne que grâce aux maigres subventions de l’état, les manques et les carences sont nombreux, et dans divers domaines, et la tâche est difficile dit-il « Durant cette première année, nous avons travaillé dans des conditions difficiles. Les retards accumulés sont considérables. Tous les secteurs avaient besoin d’être secoués. Plusieurs situations sont restées pendantes pendant des années. L’exiguïté et la vétusté de notre siège n’est pas faite pour nous aider à travailler au rythme souhaité. Lorsqu’on gère une commune qui totalise plus de 37 000 habitants, répartis sur 45 villages et hameaux, avec 17 écoles primaires, 4 collèges, 2 lycées et un CFPA, notamment, des problèmes d’ordre environnemental, de voirie, le parc communal et surtout une population qui attend beaucoup de vous, alors que les moyens ne sont pas disponibles et les mécanismes non installés, la tâche n’est pas aisée. Avec beaucoup de courage, de sacrifice et de volonté nous avons pu trouver un certain équilibre. A présent les premiers jalons qui feront dégripper la machine sont installés. Nous avons fait en sorte de surmonter toutes les contraintes, avec intelligence. Plusieurs situations ont été assainies. Les choses s’améliorent de jour en jour. Nous avons un bilan positif, et toutes les statistiques et les chiffres que nous avons d’ailleurs l’intention de présenter aux représentants des comités de villages, aux acteurs du mouvement associatif et à la société civile de notre commune, le prouvent. Ce sera une première à Maâtkas depuis l’indépendance du pays».
«Notre souci : relancer le développement local»
Questionné à propos de son exécutif, composé d’une majorité MPA, de deux élus parrainés par le MEN et d’un élu FFS, le maire de Maâtkas répondra avec sérénité : « Notre exécutif suit la ligne directrice de notre parti. Nous n’avons aucun problème avec nos alliés, bien au contraire, nous travaillons tous pour relancer le développement dans notre commune. Dans notre alliance, nous avons respecté la volonté populaire exprimée lors des élections locales. Nous prônons une gestion collégiale et participative, et nous ouvrirons les portes à toutes les énergies saines, soucieuses avant tout de l’intérêt général et du bien être de notre municipalité. Dans notre gestion, nous avons même inclus les représentants des différents comités de villages. Les problèmes ne manquent pas, pour les aplanir et leur trouver des solutions, nous avons besoin de l’apport de tous. Personne ne détient, à lui seul, les clés. Notre commune a perdu beaucoup de temps. Par conséquent, Maâtkas a vraiment besoin de tous ses enfants. Nous ne sommes pas amateurs d’exclusion. Partant de ce principe, nous invitons tous ceux qui peuvent apporter une brique à l’édifice de se joindre à nous ».
«Nos PCD avancent normalement »
À propos des PCD 2013 et des PSD, le maire de Maâtkas dira qu’«avant de lancer nos propres PCD et PSD, nous avons d’abord relancé les opérations pendantes depuis les années 2010, 2011 et 2012. En d’autres termes, nous avons assaini des situations qui traînaient depuis bien avant notre arrivée à la tête de l’exécutif. Nous avons, ensuite, effectué des visites à travers le territoire de note commune pour recenser, dans un premier temps, les urgences qui sont toutes prises en charge. Nous avons établi un constat et avons mis les mécanismes, en constituant des dossiers que nous avons transmis aux secteurs concernés pour avoir les financements nécessaires à leur réalisation. Concernant nos PCD et PCD complémentaires, nous avons retenu, au total, 17 opérations, certaines sont achevées, d’autres en cours de réalisation et d’autres au stade des procédures. Il y a eu un certain retard, avec l’épreuve du contrôle financier. Nous avons associé dans notre démarche, les services concernés et les comités de villages, et de cette manière, nous avons évité les mouvements de contestation. Pour ce qui est des PSD, nous avons relancé le projet portant réalisation de plus de 11 kilomètres d’assainissement à travers les grappes de villages de Berkouka et un grand projet d’AEP, avec plusieurs kilomètres de conduite, de stations de pompage et de réservoirs pour ces mêmes villages. Nous avons également lancé un projet d’élargissement de la chaussée au profit des villages de Berkouka. A présent, les travaux avancent bien. Nous comptons faire la même chose à travers tous les villages de notre commune. Nous avons organisé deux opérations de nettoyage de notre localité avec le concours des équipes d’Algérie Blanche. Nous avons aussi travaillé avec l’association écologique Le monde vert pour sensibiliser les citoyens à propos de la protection de l’environnement. Nous avons aussi collaboré pour ce qui est des activités culturelles, avec nos associations. Tout cela dans l’optique de changer les mentalités, pour avancer dans le bon sens. Comme je vous l’ai déjà dit, la participation de tous les segments de la société est importante pour enclencher une nouvelle dynamique qui nous sortira des sentiers du sous-développement ».
«Un complément financier pour l’achèvement de la bibliothèque et la crèche communales et la construction de l’école de Tamadaght Ouzemmour»
Maâtkas a aussi bénéficié de projets portant réalisation d’une bibliothèque et d’une crèche communales. Les deux chantiers ont été lancés depuis plusieurs années, mais leur réception tarde à se faire. M. Khermouche dira sur ces deux cas précis : « Il est regrettable de voir des projet pareils en souffrance depuis 2007. La bibliothèque a consommé des millions de dinars sans être achevée. À présent, le taux d’avancement est de l’ordre de 80%, quant à la crèche communale, elle n’a même pas atteint ce taux. Nous avons décidé d’injecter un complément financier, pour mener ces deux chantiers à terme. Pour reprendre et terminer les travaux, ce n’est qu’une question de procédure ». Concernant le projet de l’école de Tamadaght Ouzemmour, que les villageois attendent depuis plus de 20 ans, le P/APC de Maâtkas annonce : « Nous avons fait la même chose que pour la bibliothèque et la crèche, on va y injecter un complément financier et elle sera bel et bien construite. » Sur un autre registre, à savoir celui des locaux commerciaux, M. Khermouche déclarera : « Les locaux sont, à présent, achevés. Leur répartition n’attend que la réunion de la commission de wilaya ».
«Le stade communal ?
C’était un mirage !
L’exécutif communal du mandat précédent, avait, pour rappel, annoncé la réalisation d’un projet de stade communal dans le cadre du programme communal de développement. Les travaux de terrassement et de confortement avaient d’ailleurs été effectués. Néanmoins, le chantier s’était arrêté après que l’on se soit aperçu que les lignes électriques de moyenne tension étaient à proximité et que les dimensions du stade n’étaient pas réglementaires pour espérer son homologation. Il fallait donc lever la contrainte des pilonnes électriques et surtout élargir davantage le stade. La Sonelgaz avait établi un devis, jugé alors onéreux, et l’extension du terrain posait un problème de foncier. Du coup, le projet a été mis aux oubliettes. L’actuel premier magistrat de la commune dira à ce sujet : « L’argent dépensé est un gâchis. Ce projet est jusque là un mirage. Pour le réaliser, nous prospectons pour l’achat de terrain. Nous avons quelques propositions. Une commission sera formée pour choisir une ou plusieurs assiettes convenables». Concernant la salle omnisport, qui est à présent dans un état de dégradation avancé notre interlocuteur dira : « La gestion de cette salle incombe à la DJS. Il ne sert à rien de la retaper pour qu’elle retombe en ruines. Ce serait du gaspillage. Elle est dégradée, vétuste et incommode à la pratique sportive. L’idéal serait de la démolir entièrement et la reconstruire en deux niveaux, selon les normes requises. Nous appelons donc la DJS à le faire pour préserver la JSCM, qui constitue une pépinière de jeunes talents. Nous demandons aussi au pouvoirs publics compétents de nous inscrire le projet d’un Centre sportif de proximité ».
«Habitat rural : 700 dossiers assainis »
Il n’est un secret pour personne que la crise de logement est criante dans la commune de Maâtkas. L’indisponibilité du foncier pour lancer des projets de logements et le blocage de plusieurs dossiers dans le cadre de l’habitat rural, ont fait que la municipalité accuse un énorme déficit dans ce domaine. Le P/APC, questionné à ce propos, reconnaîtra : «Nous avons hérité d’un dossier très lourd. Dès notre venue aux commandes de l’APC, nous avons trouvé 750 dossiers en souffrance. Des décisions d’aides à l’habitat rural étaient délivrées alors que les dossiers étaient incomplets. D’autres bénéficiaires étaient en situation irrégulières dans leurs différentes tranches. Pour avoir d’autres aides, il fallait faire des pieds et des mains et travailler d’arrache-pied. Avec de l’engagement et de la détermination, nous avons pu régulariser 700 dossiers. A présent, nous passons à la vitesse supérieure dans le cadre de la nouvelle réglementation. De plus, nous avons associé à la commission communale, les services de l’urbanisme, de l’hygiène et les comités de villages. De cette manière, nous ferons participer tout le monde pour avancer. Notre situation, au 31/12/2013, est de 1016 dossiers ficelés qui n’attendent que d’être pris en charge financièrement. Dans le cadre des reliquats, notre commune a bénéficié de 60 unités. La délibération a été faite et les dossiers transmis à la DLEP pour validation ». Sur un autre registre, à savoir des dispositions prises par l’APC en cas d’intempéries et de fortes chutes de neige, M. Khermouche indiquera : « Notre plan Orsec est prêt».
«La mise en service du gaz de ville bloquée à cause d’une opposition à Souk El Tenine »
La première tranche des travaux de raccordement au gaz naturel a été achevée. Mais une opposition au niveau de deux villages de la commune voisine de Souk El Tenine a retardé la mise en service du gaz pour la population. Pour rappel, les villageois d’Agouni Bouffal et d’Ait Izid, relevant de la commune de Souk El Tenine, ont exigé l’inscription et la finalisation des travaux de raccordement pour leurs villages, avant de laisser passer la conduite d’alimentation sur leurs terres. Depuis, des tentatives ont été faites pour ramener les villageois à de meilleurs sentiments, mais ça n’a pas abouti et les opposants campent sur leurs positions. M. Khermouche dira à ce sujet : «Nous les appelons à plus de sagesse et à ne pas prendre en otage l’ensemble de la daïra. Concernant la 2ème tranche, qui concernera le reste des villages de notre commune, la procédure commence à prendre forme. Nous n’attendons que la décision de l’instance concernée pour l’entame des travaux». Pour ce qui est de l’extension et l’amélioration de l’alimentation des foyers en électricité notre interlocuteur révélera : «Nous venons de bénéficier de 9 postes maçonnés pour améliorer les services. Pour 7 postes, les choix des terrains ont déjà été effectués. Au village d’Annegah, nous sommes en contact avec le comité pour trouver une assiette foncière. Un poste est déjà réalisé à Ighil Teqdhibin. Une fois ces postes réalisés, les chutes de tension et les disjonctions ne seront qu’un mauvais souvenir. Pour ce qui est des habitations non raccordés, nos brigades ont établi un listing à travers l’ensemble de nos villages. Cette liste a été transmise à la DMI pour sa prise en charge». Sur le volet de l’AEP, l’édile communal révélera aussi : «En plus de la réfection du réseau de Berkouka, qui est désormais effective, nous avons réalisé une étude pour la réfection de tous le réseau AEP des villages restants. L’étude a été transmise aux services concernés qui se sont engagés à prendre en charge progressivement ces projets. D’ailleurs, même les travaux d’aménagement urbain, nous les avons arrêtés pour réaliser, d’abord, la conduite d’AEP en PEHD».
Hocine T.

