Hier matin, aux environs de seize heures trente, les habitants du quartier Ihamouthène » Les Meraouche », dans la grappe de villages de Tafoughalt, ont bloqué la RN 25 reliant Draâ El-Mizan à Tizi-Ouzou par Ait Yahia Moussa, au niveau du lieu-dit Tamda Ali. Ils l’ont barricadée à l’aide d’objets hétéroclites. Ainsi, aussi bien les habitants de tout le village que les usagers de cet axe routier important étaient contraints de recourir aux chemins de montagne, parfois dégradés, à l’exemple de celui d’Imzoughène vers le chef-lieu communal, pour se rendre à Tizi-Ouzou. Ils sont venus dire aux autorités locales qu’en dépit du raccordement du village entier (Tafoughalt) au réseau d’alimentation en eau potable à partir de Draâ El-Mizan, par ricochet bénéficiant de l’eau du barrage de Koudiat Acerdoune, ils souffrent de ce problème récurent du manque d’eau d’une part, et d’autre part, pour revendiquer un réseau d’assainissement et bien d’autres commodités nécessaires à un meilleur cadre de vie. » Depuis la mise en service de l’eau à partir de Draâ El-Mizan, nous ne recevons presque plus d’eau. De ce côté l’eau n’arrive pas et celle pompée à partir des forages de Oued Bougdoura est suspendue, sous prétexte que nous avons de l’eau. Et puis, je vous dirai que la conduite, dont le diamètre est très petit, ne peut nous satisfaire. Toutes les promesses ne sont pas tenues et nous tenons à dénoncer les réactions irresponsables de certains », nous répondra un responsable de ce quartier. Et d’enchaîner: » la plupart d’entre nous recourent à des fosses septiques quand ils ont les moyens. L’ancien réseau est vétuste, du fait qu’il a été réalisé à la fin des années 70 alors qu’il n’y avait que quelques habitations. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui ont construit des maisons dans le cadre de l’habitat rural, mais ils ne peuvent pas les habiter faute d’existence du réseau d’assainissement ». Les contestataires exigent des autorités la réparation et le renforcement de l’éclairage public défectueux depuis sa mise en service. « Nous avons attendu que l’école réalisée à Iâzavène ouvre ses portes, mais, au dernier moment, on nous apprend que le logement du directeur n’était pas entièrement achevé. Il faut que cette école ouvre, parce que nos enfants font quotidiennement, pour certains, plus de quatre kilomètres en aller/retour », ajoutera le même interlocuteur. Le maire ainsi que les responsables de l’hydraulique se sont déplacés sur place. Une réunion sera tenue au siège de la daïra de Draâ El-Mizan avec une délégation des villageois d’un côté et des responsables concernés de l’autre, dans l’espoir de trouver des solutions à ces problèmes qu’endurent, au quotidien, des habitants de ce quartier. En tous cas, ces derniers ne comptent pas suspendre cette action si des réponses ne leur seront pas données au plus tard dans l’après-midi.
Amar Ouramdane
