Akham n’Tmusni «La maison du savoir», qui a abrité avant-hier, une journée poétique en Tamazight, est une habitation construite dans le village d’Iâllalène par un citoyen d’Ilounissène pour servir d’école, notamment en Tamazight aux enfants du village.
De nombreux poètes et poétesses de la région et d’ailleurs ont pris part à ce rendez-vous. Durant cette journée, l’assistance a eu droit à une intervention savante du professeur en linguistique à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, M. Saïd Chemakh ainsi que M. Amar Laoufi, professeur de Tamazight à l’université de Bouira et d’autres acteurs dans le domaine de la poésie berbère. «Initialement, nous avons prévu un concours poétique.
Comme le nombre de dix participants n’a pas été réuni, nous avons préféré tout d’abord donner l’occasion aux conférenciers de revenir plus longuement sur l’histoire de la poésie berbère et ensuite organiser un récital poétique libre», nous confiera un organisateur. L’assistance, composée de femmes et d’enfants, a eu l’occasion de suivre dans un silence religieux les conférences retenues pour cette rencontre. «C’est une initiative louable. Nous aimerions que dans chaque village il y ait une maison comme celle-ci qui reçoit des animateurs du mouvement et d’autres professeurs de la langue amazighe. Nous remercions la personne qui a pris l’initiative de baptiser ce garage «Akham N’Tmusni». », nous dira un participant.
Après les conférences, les poètes et les poétesses sont montés sur le podium et ont entonné à gorge déployée des poèmes de haute facture. On citera même cette femme (poétesse) qui s’est déplacée de Sétif pour non seulement honorer de sa présence cet événement, mais aussi pour encourager les femmes à en faire autant.
D’ailleurs, ce fut le cas de cette femme d’Iâllalen qui a récité quelques passages de ses poèmes sous des applaudissements nourris. Et aussi cette autre en la personne de Martine venue d’Espagne qui, en duo avec un poète de Bouira, a fait vibrer la salle avec ses poèmes en récitant le sien traduit en tamazight par son partenaire. A midi, un repas traditionnel a été offert à l’assistance dans une ambiance festive. Ce qui a agrémenté ce repas est ce dessert propre à la région qui leur a été servi.
Il s’agit bel et bien de figues de barbarie «El Karmousse». Après une courte pose, l’inévitable Amar Belkada, un chanteur, compositeur et poète du village dont la renommée dépasse la wilaya a est appelé pour faire entendre à l’assistance ses plus belles chansons engagées, en donnant aussi un récital de poèmes d’autant plus que son ouvrage est prêt à arriver sur les étals.
En tout cas, cette rencontre restera gravée dans l’esprit des personnes ayant marqué leur présence, notamment les élèves du professeur Ahmed Méziani qui ont appris Tamazight dans ce lieu de savoir «Akham N’Tmusni». Les conférenciers ainsi que tous les autres animateurs ont tenu à y revenir à chaque fois qu’ils sont sollicités.
Amar Ouramdane
