Ces derniers temps, le problème des logements RHP occupe toutes les discussions, d'autant plus que les projets tardent à être livrés.
Même si le projet des 76 logements en faveur des familles de la cité » Maâmar » a enfin redémarré après un arrêt de plus de trois ans, les habitants de cette cité ne sont pas convaincus d’être relogés de sitôt. « C’est un projet comme tous les autres accordés à la commune. Malheureusement, le nôtre accuse encore beaucoup de retard. Nous ne sortirons pas de ce ghetto de sitôt, notamment avec ces entreprises qui avancent à pas de tortue », interviendra une voix du collectif d’habitants qui bloquait la RN25, avant-hier matin. En effet, pour se faire entendre, ces habitants diront n’avoir eu d’autre recours que de brûler des pneus et de placer des barricades samedi dernier et la matinée de dimanche dernier. Ils sont sortis dans la rue pour dire aux autorités qu’il est temps d’arrêter cette liste. « En 1964, au lendemain de l’indépendance, nous étions quarante-deux familles recasées dans cette cité. Aujourd’hui, il n’en reste qu’environ quatorze. Vingt-huit habitations sont inoccupées par leurs propres familles. Elles sont soit louées à d’autres personnes, soit fermées ou occupées par des tierces. On n’a peur que le recensement soit faussé. Ce pourquoi nous demandons aux autorités de ne prendre en considération que les familles de 1964 et leurs enfants », expliquera un autre membre du collectif. La tension montait peu à peu parce que les jeunes voulaient maintenir la pression, tandis qu’une commission était sur place en train de faire des enquêtes. « Nous ne savons pas à quoi vont servir ces enquêtes parce que nous nous étions mis d’accord avec les responsables locaux que seuls les vrais occupants ouvriront droit au relogement », ajoutera un autre intervenant. Les habitations de ladite cité ne répondent à aucun cadre de vie décent. En effet, les murs sont lézardés, décrépis, les toitures à moitié détruites… Contacté au sujet de cette commission, son président (un adjoint au maire) rassurera : « Nous connaissons toutes les familles de cette cité. Ce sont seulement des compléments d’enquête ». Et de poursuivre: « Le projet destiné au relogement des familles avance. Nous espérons qu’il prendra la cadence voulue. Que ces familles ne s’inquiètent pas, la commission est de leur côté. D’ailleurs, c’est un problème que nous suivons pas à pas. Chacun aura son logement, comme prévu».
Amar Ouramdane

