Après une tentative de vol et une autre d’assassinat, l’accusé de ces crimes sur lequel pèsent aussi deux autres accusations, l’une pour détention et consommation de drogue et l’autre pour détention illégale d’arme à feu s’en sort avec 3 ans de prison, bien que le procureur ait requis une peine de réclusion criminelle de 15 ans. Les faits de cette affaire que le tribunal criminel près la cour de Béjaïa a eu à examiner samedi, en appel suite au pourvoi du parquet qui avait estimé lors du 1er procès insuffisante la peine de 3 ans de prison infligée a l’accusé, remontent au 28 février 2002. Ce jour-là, sur la haute vallée de la Soummam, dans la commune d’Aït R’zine, vers 8 heures 30 min du soir, C. A., 27 ans, célibataire, après s’être bourré de drogue, « au point de voir les autres telles des mouches », commente le président du tribunal, germa en lui l’idée d’aller cambrioler la maison de l’émigré H. A. qu’il croyait non gardée. Il s’équipe alors d’un couteau de combat, d’une cagoule et de gants et se rendit à la maison ciblée. Mais manque de « chance » pour lui, non seulement le propriétaire de la maison était présent et l’a chassé à coup de pierres, mais il le reconnaît et va sur le champ se plaindre auprès des parents du délinquant. Ces derniers convoquent illico presto un conseil de famille, qui décide de rappeler à l’ordre l’enfant égaré en le réprimant sévèrement. Ayant tout entendu, celui-ci a peur d’affronter sa famille après le scandale de la tentative de vol et se cache dans la maison non habitée de son frère. Son autre frère C. B. (la future victime) est allé le trouver pour tenter de le raisonner. Mais refusant toute discussion et ne voulant rien savoir, il sort un pistolet qu’il avait sur lui et tire une balle en direction de son frère qu’il atteint à la poitrine, non loin du cœur. La balle sera par la suite extraite par les médecins, quant au pistolet l’accusé qui a dans un premier temps déclaré au juge d’instruction qu’il l’avait trouvé à l’intérieur de la maison de son frère, dans une armoire, soutient le jour du procès devant le président du tribunal qu’il l’a trouvé à Tazmalt. L’accusation après avoir rappelé les faits dans le détail, met en relief leur gravité et affirme avec force arguments que la consommation de la drogue ne peut en aucun cas servir à atténuer les circonstances des actes criminels précisément les chefs d’accusations pesant sur le prévenu à savoir tentative de vol qualifié, tentative d’assassinat, détention et consommation de drogue, et détention d’arme prohibée. A la fin de son réquisitoire, il requerra la peine de 15 ans de réclusion criminelle. Quant à la défense assurée par maître Aghroud Lounis, elle s’est surtout évertué au cours de sa longue plaidoirie à requalifier et à disqualifier la tentative d’assassinat dont est accusé son client pour lequel elle demande le bénéfice de largese circonstances atténuantes.
B. Mouhoub
