La mise en service s’est effectuée dans la précipitation pour ne pas dire dans l’affolement suite, à la forte pression du ministre des Travaux publics exercée sur les entreprises de réalisation de ce tronçon entre Bouira et Bordj Bou Arreridj en multipliant les visites d’inspection.
Les premiers accrocs n’ont pas tardé à se manifester par l’absence de passerelles au niveau de Bechloul et d’El Adjiba et qui étaient à l’origine d’un mouvement de protestations de la population de ces deux communes qui ne sont pas passés par quatre…. . chemins pour souligner leur mécontentement au ministre, on lui barrant carrément le chemin ; ce même ministre, qui a donné des instructions fermes au maître de l’ouvrage, est revenu quelques semaines plus tard pour procéder à l’ouverture de ce tronçon après satisfaction des revendications des citoyens des deux localités. Seulement, après les passerelles pour les piétons, c’est au tour des automobilistes impatients d’emprunter cette route des plus modernes et flambant neuve de se faire piéger par la non livraison des échangeurs et autres bretelles pour quitter l’autoroute et cela depuis El Adjiba jusqu’à Bordj Bou Arreridj. Les échangeurs n’étant qu’à moitié réalisés, donc inutilisables avant leur réception définitive.
Tous les automobilistes pris dans ce piége n’ont pu faire demi-tour qu’aux environs d’El Yachir dans la wilaya de Bordj Bou-Arréridj soit un parcours deux fois 70 km.
Ceux qui ont eu le réflexe de demander leur chemin aux… Chinois intervenant sur cette autoroute, se sont vu guider sur une piste qui donne accès au CW 11 Ahnif, Ighil n’Aith Ameur qui rejoint la RN5. Qui a dit que les Chinois ne sont pas utiles ? Et en plus, ils s’expriment en arabe algérien et en… kabyle, la lèvre supérieure gonflée par une boule de chemaâ, affirment de nombreux automobilistes qui se sont égarés sur ce tronçon.
Personne n’a pensé à placer des panneaux indicateurs temporaires pour avertir les routiers qui doivent quitter l’autoroute en direction de M’chedallah et Bgayet, il est facile d’imaginer ce que cette anarchie cause comme désagréments aux routiers, surtout pour les poids lourds chargés, les vieux véhicules ou ceux ayant à leurs bords leurs familles qui se voient forcés de franchir à l’aller comme au retour les gorges des Bibans et les lieux dit » les Portes de fer » entre Ath Sidi Brahim et El Mehir en passant par Thizi Ikechouchen de nuit comme par mauvais temps ; en plus d’être désertique, la brume qui enveloppe ces lieux empêche la visibilité, la moindre panne en cet endroit coupe-gorge peut se transformer en drame, un lieu où par les temps qui courent, aucun automobiliste n’aurait le courage de s’arrêter pour aider celui tombé en panne, même en plein jour, mais qui s’en souci ? A partir du moment où ceux qui sont chargés de la réalisation de cette autoroute, se sont tirés à bon compte en respectant les délais de réalisation fixés par le ministre lors de sa dernière visite d’inspection sur les lieux et ni lui, ni la délégation qui l’accompagnait ne se sont aperçus de cet état de faits, tout heureux qu’ils étaient (la délégation) que ce tronçon soit enfin livré et mis en service. Une…impasse (au figuré comme au propre) a été faite sur les lots secondaires qui sont toujours en chantier. C’est décidément une tradition chez nous, la mise en service de projets à moitié réalisés. A Saharidj : ce sont tous les lots secondaires du lycée qui n’ont pas été achevés après la mise en service de cet établissement, ce qui n’a pas tardé à se répercuter négativement sur son fonctionnement au point de provoquer grève sur grève des élèves pour protester contre le délabrement de ce lieu du savoir.
Oulaïd Soualah
