La Dépêche de Kabylie : En cette occasion du 8 Mars, célébré annuellement à travers le monde, la femme algérienne contribue également au même combat mené depuis des années. Quel est votre point de vu ?
La femme algérienne n’a jamais attendu le 8 mars pour dire son mot. À l’époque, les femmes de ma génération n’ont pas attendu le 8 mars pour contribuer au devoir national. Donc, c’est nos parents qui nous ont enseigné à nous libérez. C’est par nos mères, très avancées, qui nous appris à décomplexer la femme. Et bien sûr avec l’aide de papa qui était très évolué, qui nous disait enseigner pour la libération du pays et pour la libération de la femme.
Selon vous, un autre combat doit être mené aujourd’hui par la femme algérienne. Pourriez-vous nous expliquer cette idée
S’il y a un combat à mener aujourd’hui, c’est bien un combat de transparence. Lutter pour la transparence et l’indépendance économique de l’Algérie. Lutter afin que les jeunes puissent travailler et ne pas les laissé comme des « Hittistes », lutter contre tous ça. Essayant de terminer l’idée que nous avons pas pu déterminer. On n’a jamais l’idée que notre jeunesse soit cinsidérés comme des « hitistes », « harrgas » etc. On n’a jamais pensé que l’Algérie pourrait être aujourd’hui au tabou des corrupteurs. Non jamais ! La femme algérienne est impliquée. Même si elle n’est pas impliquée au poste, elle est impliquée en tant que femme, en tant que maman ou épouse. Par ce que la femme peut beaucoup servir sa société. J’ai su ça quand j’ai été emprisonné en France pendant la guerre de libération. Une femme m’a appris comment résister et comment arracher sa liberté. Donc, aujourd’hui l’indépendance qu’il faut arracher c’est l’indépendance économique. Parce que L’indépendance politique est facile, mais aujourd’hui la vraie question qu’il faut se poser : Est-ce qu’on produit quelque chose ?
Justement, à cette question que vous venez de soulever, à votre avis, pourrions-nous la résoudre facilement ?
A mon avis, ce n’est pas facile pour la femme et même le homme d’ailleurs. Aujourd’hui, je vois que le combat concerne les deux sans discrimination. Nous avons des problèmes pour la réinsertion sociale pour trouver un emploi. La plupart des jeunes femmes ou hommes sont freinés par ce problème. Je crois que l’indépendance économique est plus difficile que l’indépendance politique. Mais il y a quelque chose en honneur des femmes du fait qu’elle sont courageuses et qu’elles ont fait des études supérieures. Une fois sur le marché de l’emploi, elles n’ont pas emprunté la spécificité de leur diplôme. Pour être plus claire, je vous dis, une ingénieur dans n’importe quelles spécialité, dès qu’elle trouve un travail même en tant que vendeuse, ou hôtesse d’accueil, ou n’importe quel travail digne, elles travaillent. Pourvu qu’elle soient indépendantes. Par contre l’homme, il est très fier. Il n’accepte pas un travail qui ne corresponde pas à sa formation. Voilà la différence maintenant entre les femmes qui acceptent n’import emploi. Un emploi, je dirai honorable même au-dessous de son niveau. L’homme, lui, est très fier parfois, bien sûr, je peux me tromper.
La femme algérienne a participé à la reconnaissance de l’identité nationale, notamment durant la guerre de libération. Elle a même animé les pages d’actualité de cette période, pouvez-vous nous rappeler quelques événements ?
La femme algérienne a toujours fait l’actualité. Elle était toujours au service de son pays. Elle a pu prouver son talent dans les différentes occasions.
Vous êtes marqué par un passé révolutionnaire, une guerre atroce en Algérie, et qu’il n’a pas été facile pour vous en tant que femme. Quel sentiment avez-vous aujourd’hui ?
Mon passé révolutionnaire je ne le regrette pas. Je ne le regretterai jamais. D’accord j’ai rien gagné personnellement, mais j ai gagné durant ma jeunesse. Difficilement mais dignement. Dignement dans la mesure de vivre indépendante dans son pays. Bien sûr, tout n’est pas rose, c’est vrai, mais au moins d’être libre chez elle. Pas à cent pour cent bien sûr, mais elle est chez elle c’est la raison pour laquelle, je ne regrette pas malgré les séquelles de la torture qui ont resté chez moi seulement. Des séquelles d’une profondeur abyssale. Mais j’ai toujours veillé à transmettre cette expérience à mes enfants.
Justement, vu à ce passé, vous étiez très sollicité pour apporter des témoignage et animer des conférences
Vous savez que quand j’été dans tes tournés aux lycées et collèges c’est une thérapie extraordinaire, comme ils ont soif de savoir comment j’ai commencé mon combat en tant que femme, et comment j’ai continué et comment je suis revenue. Je réponds à toutes les invitations à l’est et à l’ouest (du pays) et à l’étranger également. C’est un grand plaisir pour moi et mon pays. J ai cru en ma jeunesse qu’ont n’est pas intéressé par la révolution, mais quand je me déplace aujourd’hui dans mon pays, je constate que c’est un grand honneur pour moi lorsque les citoyens viennent me remercier pour ma contribuer à mon pays pour qu’il soit indépendant aujourd’hui et que j’étais pour l’indépendance.
Selon une étude américaine ayant concerné 18 pays, l’Algérie est classée parmi les premiers pays arabes où les droits des femmes ont connu des progrès considérables au cours des cinq dernières années
Je tiens à vous préciser que sur le statut personnel le Maroc et la Tunisie sont mieux que nous. La femme algérienne a fait des progrès, c’est certain, il y a 60% de cadres universitaires. Elle a fait des études, c’est vrai. Mais au Parlement, elle est minime elle n’est pas représentative. Elle a fait des pas, elle a avancé c’est vrai. Mais ce n’est pas suffisant. On souhaiterait qu’elle continue d’être indépendante.
Entretien réalisé par Akli Slimani
