La première édition du Festival du film berbère, organisée en France par Berbère Télévision les 18 et 19 juin derniers, en hommage à deux piliers de la culture amazighe, Mouloud Mammeri et Azzedine Meddour, a connu un franc succès.
Pour une première, le festival qui s’est déroulé sur deux jours à la salle BRTV de Montreuil, a réuni de nombreux réalisateurs et artistes, à la grande joie des cinéphiles qui ont eu le privilège de (re)découvrir les chefs d’œuvre du cinéma berbère et de nombreux autres films de jeunes réalisateurs. La première journée du festival, consacrée à Mouloud Mammeri, a vu la projection du film «La colline oubliée», adaptée du célèbre roman de l’écrivain, suivie d’une conférence animée par l’universitaire Hend Saadi qui a ouvert un débat autour de l’œuvre et du rôle Mouloud Mammeri dans l’émancipation de la culture berbère. Ce film, réalisé par Abdelmalek Bouguermouh au milieu des années 90, est considéré à juste titre, comme le premier long métrage du cinéma berbère. Parmi les autres projections de cette première journée, certains films ont retenu l’attention des présents, à l’instar du court métrage Le Rapt du jeune réalisateur Sofiane Bellali. Un film qui aborde le phénomène du kidnapping dont la région de la Kabylie est, en ce moment, la plus touchée. La deuxième journée du festival a été quant à elle, consacrée au regretté réalisateur Azzedine Meddour, dont le film La montagne de Baya reste l’une des plus célèbres œuvres du défunt. A cette occasion, une conférence-débat a été animée par Mounia Meddour (fille du défunt), le grand poète Ben Mohamed et le journaliste et écrivain Arezki Metref. Un moment d’émotion où le public, présent dans la salle, a eu le privilège d’écouter la fille du réalisateur raconter, avec nostalgie, les difficultés qu’a traversé son père pour mener à bien son projet. Un projet qui tenait à cœur au défunt, comme l’ont souligné les conférenciers. Ce fut, ensuite, au réalisateur Youcef Lalami de présenter sa dernière œuvre Aux origines du 20 avril, première partie de Kabylie, Genèse d’une révolte, un documentaire retraçant le combat amazigh. Par ailleurs, les organisateurs du festival ont remis des diplômes d’honneur aux participants. Ce geste fut très apprécié en particulier par Mounia Meddour qui a reçut le diplôme décerné à titre posthume à son père. C’est pour dire que les participants à ce premier Festival du Film Berbère ont été enchantés par cette louable initiative qui a permis au public de se retremper, l’espace de deux journées, dans l’ambiance du cinéma et de la culture berbère.
Ali C.

