Zira Naït Ouslimane, chanteuse – «Le chant est ma passion»

La jeune chanteuse Zira Naït Ouslimane parle dans cet entretien de ses deux albums Yemma et Nek taqvaylit, sortis jeudi dernier.

La Dépêche de Kabylie : Comment êtes-vous venue à la chanson ?

Zira Naït Ouslimane : Avec la chanson et la musique, c’est une très longue histoire. Dès mon très jeune âge, je m’intéressais à cet art. À l’âge de onze déjà, j’écoutais avec une très grande attention et passion les ichewiqan de ma mère qui une fois déclamés, elle ne pouvait les répéter. J’étais très jeune, je ne pouvais pas les écrire, autrement c’était une source intarissable. Elle a eu un AVC et décède en 2009, à l’âge de 49 ans, durant la fête de l’Aïd Adha, durant la prière.

Vous fréquentez beaucoup la maison de la culture Mouloud Mammeri et le théâtre Kateb Yacine. Vous êtes une accro de la culture ?

À vrai dire, dès l’âge de douze ans, je commençais à animer dans mon école primaire d’abord, puis dans les collèges. J’ai connu Hacène Ahres, Brahim Tayeb, Rabah Ouferhat. Guerroudj Rabah m’a introduite dans une émission de poésie, puis avec Dda Idir, tous les vendredis, je descendais à Alger, à la chaîne 2. En 2005, j’ai eu un accident et j’ai été hospitalisée durant deux ans. Je me suis éclipsée durant cette période jusqu’à ce que qu’une certaine Warda At l’Hocine, une journaliste à la chaîne 2, puis à radio Tizi-Ouzou qui tombe du néant et qui s’est accaparée de mon prénom Zira. Elle fait tout pour me ressembler et laissait entendre que j’étais morte suite à l’accident. J’allais déposer plainte contre elle. Elle est partie en France pour ne plus revenir. J’ai participé à un festival de poésie arabe à Béjaïa où j’ai eu le 3ème prix, en 1998, j’avais 13/14 ans et j’avais déclamé trois poèmes. Je ne me souviens pas des titres.

Et le théâtre ?

J’ai travaillé, en 2009/2010, avec Mohamed Benguettaf et Omar Fetmouche. C’est peut-être la 1ère femme qui a présenté un monologue intitulé «Fadhma» dont la générale eut lieu à Alger. Je me suis déplacée à Béjaïa. Actuellement, j’aimerais présenter d’autres monologues. Ma mère, tout en faisant les tâches ménagères, fredonnait des chansons d’Aït Menguellet, de Farid Ferragui, de Ouazib, de Matoub… Ma grande sœur m’a interdit de chanter par contre mon père m’autorisait à le faire, j’étais la plus gâtée. Par la suite, il s’est remarié. J’appréciais beaucoup plus les anciens chanteurs. Ils sont nombreux ! La base de la chanson est la poésie. À dix-huit ans, j’avais une chorale à Michelet, avec l’association Kamel Amzal «Le cri de la raison». Puis dans une autre chorale «Ikhoulaf». À Tizi-Ouzou, j’ai contacté Rabah Messaoudi «Sif a y aɣarval sif» avec lequel j’ai sillonné plusieurs villes de Kabylie.

Parlez-nous de vos albums ? Ce sont les premiers ?

Ces deux albums sont sortis le même jour : le jeudi 17 octobre 2019. L’un est intitulé «Yemma» en hommage à ma mère. Il comprend six chansons et deux instrumentaux. Yemma (un hommage à ma mère que je ne pourrais jamais oublier (J’aurais aimé être dans tes bras / Ta voix est un remède…) – Tecvid Itij n cetwa (avec la naissance d’un enfant, tout est remis dans l’ordre, il ressemble à un beau soleil qui éclaire en plein hiver) – Ay Ibelirij (Celui que j’ai connu m’a trahie)- Yidek Ittnarni lferh-iw ( une chanson d’espoir ) et suivie de : Aqliyi ur ganeɣ udan. Et deux passages instrumentaux des chansons 2 et 3.

Le deuxième album ?

Il est intitulé «Nek Taqvaylit», composé de six chansons et d’un instrumental: Kec ken id lεamr-iw, Nek Taqvaylit, Ahaq win taεdam tayri- Mahna, Ayul iw niɣak suse, Nek ala yidek ifarhaɣ, (la 7ème est un instrumental). Pour ces deux albums, les paroles sont de moi, la musique est de Rabah Boudjemaâ- Un duo avec Riad LaIb (3ème chanson ). L’édition est Fnart Music Tazmalt – Béjaïa.

Votre conclusion ?

J’ai en préparation deux autres albums dont l’un est intitulé Tadar- iw ( Mon village) et pour l’autre, je n’ai pas encore trouvé de titre pour l’instant. Chacun avec sept chansons. J’espère que mes chansons plairont aux auditeurs.

Entretien réalisé par M A Tadjer